Qui sommes-nous


Initialement créés en 1984 par le président François Mitterrand qui disait vouloir mettre un terme aux rétentions illégales pratiquées dans les commissariats, les prisons, voire dans des hangars comme au port de Marseille, les centres de rétention administratives (CRA) maintiennent enfermés des  étrangers en situation administrative irrégulière au regard de la législation sur le séjour, avant de les expulser du territoire. Ils ont été multipliés sur tout le territoire et les conditions d’enfermement n’ont cessé de s’aggraver. Ces centres sont gardés par la police ou la gendarmerie nationale. La presse y a accès sous condition seulement depuis le 1er novembre 2016.

C’est pourquoi nous, citoyen-ne-s de divers horizons, mais ayant en commun le souci des droits de l’Homme, le souci de ce que vivent les étrangers en situation irrégulière, habitant à proximité du CRA de Paris-Vincennes, nous sommes regroupés en Observatoire Citoyen du CRA de Vincennes. Concrètement, nous visitons les retenus qui souhaitent nous parler de leur histoire et de leur vie au CRA pour :
  • témoigner, à l’extérieur, d’une réalité peu connue, si ce n’est inconnue, de nos concitoyens ;
  • apporter un peu « d’air extérieur » à des personnes privées de liberté, leur témoigner notre fraternité et exprimer notre désaccord avec cette pratique de la rétention ;
  • exercer notre vigilance citoyenne pour rappeler que, si les retenus sont privés de liberté, tous leurs autres droits doivent être garantis et respectés.

De ces visites, nous faisons des comptes rendus, dont vous pourrez lire dans ce blog des extraits, anonymes bien entendu (les prénoms ont été changés). Ils ne concernent qu’une petite partie des retenus, car nous sommes malheureusement trop peu nombreux pour visiter tous ceux qui le souhaiteraient. Par ailleurs, nous voyons principalement des retenus qui peuvent s’exprimer en français. Néanmoins, nous dégageons quelques constantes. Ainsi, les retenus nous font part régulièrement :
  • d’un sentiment d’injustice face à cette privation de liberté, alors qu’ils n’ont pas commis de délit ;
  • d’un sentiment d’arbitraire face aux  autorités tant policières, médicales que judiciaires ;
  • de leur angoisse face à l’incertitude de la fin de cette rétention : elle peut durer jusqu’à 45 jours, elle peut parfois se terminer par une libération, mais aussi par une expulsion et un retour forcé dans un pays où la vie était difficile et où ils n’ont parfois plus aucune attache ; ainsi, certains sont-ils depuis plus de 10 ou 20 ans en France, y travaillent, y ont une famille en situation régulière ;
  • des conditions très difficiles de vie au CRA : mauvaise nourriture, angoisse, insomnies, médicalisation importante ;
  • des tentatives de suicide et des automutilations, qui ne sont pas rares.


Les témoignages publiés sur ce blog, recueillis lors de nos visites, donnent un aperçu de cette situation de violence et des drames humains qu’elle provoque chez les retenus comme dans leur famille (conjoints séparés, enfants privés de leurs parents).

Il est pour nous évident que des êtres humains ne devraient pas être traités ainsi. Les CRA s’inscrivent dans une politique inhumaine de contrôle des migrations. La France s’appuie sur les directives européennes, mais rien dans ces directives n’oblige notre pays à durcir sa politique comme il le fait.

Notre action veut s’inscrire dans une volonté de penser et de mener les politiques migratoires européennes autrement que par la fermeture des frontières et par la répression. Véritable défi, nous voulons que ces politiques prennent en compte la réalité des migrations et que celles-ci soient envisagées non comme un problème, mais comme un enrichissement et un facteur de développement réciproques.

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