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Affichage des articles du 2017

DEMANDER L’ASILE EN CRA …..

Nous avons deux noms, donnés par l’ASSFAM, et nous présentons au poste de garde : la jeune policière, assez aimable au début, devient vite méfiante et agressive. Elle me demande « si nous faisons partie d’une association » puis me somme de donner le prénom du retenu. ARGH ! l’ASSFAM ne l’a pas précisé ! Le dialogue se tend très vite : « Vous voulez le voir et vous ne savez pas son prénom !  Il ne me l’a pas donné, dis-je, un peu prise de court ; Mais comment avez-vous eu son nom ? insiste la policière, méfiante » J’ai encore assez de présence d’esprit pour lui expliquer que j’ai appelé la cabine du CRA (pas question de mouiller l’ASSFAM). Mais son verdict est sans appel : « Pour des raisons de sécurité, il me faut le prénom, pour bien identifier la personne ! » Il y a donc plusieurs M.N. au CRA 3 ? dis-je, en tentant de finasser ;Oui, me répond avec aplomb la policière soupçonneuse, et puis écartez-vous et descendez les trois marches.A ce moment, arrive C., le réserviste, qui nous connaît…

ÉTRANGERS, MALADES ET SANS PAPIERS… LA LOTERIE !

Compte-rendu de la situation de Monsieur D. (CRA1) J+40 : De la visite mercredi par Aline et Jacqueline à son expulsion le vendredi. Monsieur D. 42 ans est algérien. C'est en appelant une des cabines du CRA1 le matin que nous entrons en contact avec lui. Après lui avoir exposé l'objet de nos visites, nous lui proposons une rencontre l'après midi. Il accepte bien volontiers tout en demandant si nous allons le faire sortir.
Nous nous présentons à 13H50 à la guérite et nous sommes tout de suite informées d'une attente d'une durée indéterminée en raison de la présence d'un consul algérien.

LA RÉPONSE DE MADAME HAZAN, CONTRÔLEURE GÉNÉRALE DES LIEUX DE LIBERTÉ

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PS : la publication du rapport de visite effectuée en février 2017 par les contrôleurs ne pourra avoir lieu qu'après réception de la réponse du ministre de l'intérieur aux remarques et préconisations de la contrôleure générale des lieux de privation de liberté.


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NOTRE RAPPORT DE VISITES À LA CONTRÔLEURE GÉNÉRALE DES LIEUX DE PRIVATION DE LIBERTÉ

OBSERVATOIRE CITOYEN DU CENTRE DE RETENTION ADMINISTRATIVE (CRA) DE PARIS-VINCENNES




À Madame la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté

                                                                                                                    Saint Maur, le 18 mars 2017

Objet : notre rapport ci-joint sur l’organisation des visites au CRA de Vincennes
V/réf : V/L n°2080/9609/LM du 10 juin 2014)

Madame la Contrôleure générale,
L’Observatoire citoyen du CRA de Paris-Vincennes, collectif adossé à la Ligue des Droits de l’Homme, a l’honneur de vous adresser un rapport sur les conditions de visite dans ce Centre. Comme vous le savez, nous avons déjà eu l’occasion d’alerter vos services sur des pratiques que nous jugions contraires à la dignité des personnes, qu’elles soient retenues ou en visite auprès de proches enfermés. Nos remarques avaient fait l’objet d’une réponse de vos services (V/L n°2080/9609/LM du 10 juin 2014).

L’HUMOUR S’INVITE AU CRA

Ahmed et Oussama, algériens, 29 et 20 ans Nous entrons à nouveau : comme c’est une autre équipe de policiers, nous repassons les contrôles. Nos retenus nous attendent. J’avais téléphoné la veille à la cabine, étais tombée sur Ahmed, à qui j’avais demandé le nom d’un co-détenu (selon la méthode Jacqueline, qui est excellente !)                Quel contraste ! Nous avons devant nous le type du « Titi maghrébin » : un homme jeune, jovial, à l’humour décapant, au rire communicatif : nous rions de bon cœur avec lui et dans la tristesse générale de ce jour maussade et de ces destins tragiques, ce rire est libérateur.

QUAND LES DISCRIMINATIONS S’ACCUMULENT…

Boualem, algérien, 31 ans, J+ 22  Boualem est arrivé en France en 2012 en passant par la Turquie et la Grèce. Ce jeune homme nous alerte tout de suite sur un gros problème. Il hésite à nous en parler, nous le mettons en confiance. Il annonce qu'il est homosexuel et menacé par sa famille en Algérie mais aussi en France (Paris et Marseille). Il craint particulièrement son oncle maternel qui est le chef de famille depuis le décès de son père et qui l'a déjà menacé à trois reprises. Il le décrit comme un homme violent, qui a fait déchiré la page du livret de famille qui le concernait. Il ne possède malheureusement pas de preuve de ces menaces, et ses deux frères et sa sœur qui refusent eux aussi son homosexualité ne veulent pas témoigner.

A L'EXTERIEUR DU CRA

Et l’attente reprend… Nous engageons la conversation avec une dame algérienne : elle vient voir son neveu pour qui elle a pris un avocat. Le nom m’est bien connu et je peux la rassurer sur ses compétences. Malgré tout, elle est très inquiète : elle vient de parler avec une jeune dame, qui attend avec sa belle-mère et son bébé dans son landau. Quand elle a dit qu’elle avait confié le passeport de son neveu à l’avocat, la jeune femme l’a vertement réprimandée, disant qu’il fallait TOUJOURS cacher le passeport (ce qui n’est pas faux). Je tente de la rassurer en lui disant que l’avocat connaît son métier et ne va pas utiliser ce passeport, si cela doit nuire à son client. Mais la pauvre dame est rongée par l’angoisse.

ENFERMEMENTS A REPETITION ou L’ABSURDITE DU SYSTEME

Saïd, marocain, 41 ans, J+3 C’est un homme fatigué, amaigri, déprimé qui nous attend au parloir. Sa famille, marocaine est venue en Espagne il y a 20 ans. Son père a travaillé dans les serres de culture de tomates. Il en est mort à 49 ans d’un cancer du cerveau provoqué par les pesticides. Saïd, 41 ans, est en France, avec ses 2 sœurs et son frère (tous régularisés), depuis 11 ans. Sa mère vit toujours en Espagne et vient le voir de temps en temps. Il vit chez l’une de ses sœurs à Aubervilliers. Il travaille dans le bâtiment en tant que peintre et sur les marchés, activité qu’il aime beaucoup.

PAS DE PITIE POUR LES MIGRANTS AGES

PAS DE PITIE POUR LES MIGRANTS AGES Marie nous a signalé un retenu soudanais, anglophone et très isolé. Nous nous rendons au CRA, ma fille et moi. Il fait beau, nous patientons au soleil en échangeant des nouvelles familiales, si bien que la longue attente (plus de 2 heures) nous semble passer assez vite. Nous entrons au parloir et là…les policiers nous annoncent que M.B. ne veut pas venir. Nous sommes assez dépitées, mais notre attention est attirée par l’autre visite : il s’agit d’une jeune dame chinoise venue voir son père âgé. Comme ce monsieur refuse les repas du CRA, elle lui a apporté une quantité impressionnante de denrées, et … il y a beaucoup de produits frais et de la nourriture maison que les policiers refusent de laisser entrer.  La jeune femme parlemente avec véhémence : il y a 3 jours, il n’y a pas eu de problème ! Les policiers inspectent les sacs et trouvent un médicament : interdit ! « Mais mon père est malade, s’exclame sa fille, il a besoin de ce médicament ! -Il n’a q…

DOUBLEMENT ETRANGERS

Amil, bengalais, J+22 Il n’y a personne dans l’abri, nous pensons que c’est bon signe et demandons à voir un premier retenu dont le nom nous a été communiqué par l’ASSFAM. Nous attendons en fait plus de ¾ d’heure. Alexandre commence à comprendre ce que c’est que l’arbitraire au CRA. Pendant ce temps, les visiteurs commencent à arriver mais comme bien souvent seules 2 visites simultanées sont autorisées. Le jeune maghrébin, qui entre avec nous est soigneusement fouillé : on palpe longuement les coutures de son survêtement. Alexandre, malgré sa tête de djihadiste est simplement passé à la poêle à frire, comme moi.

QUAND UN ENFANT SE RETROUVE ENFERME AU CRA

Y.A, iranien, 15 ans, J+5 L’ASSFAM nous alerte ce matin 26 octobre de la comparution d’un jeune mineur de 15 ans détenu au CRA de Vincennes depuis 5 jours avec son “oncle”… La magistrate arrive seule (elle déplore la grève des avocats). Les détenus sont nombreux. Le jeune homme de 15 ans n’est pas parmi eux : il est à l’hôpital où l’on mesure son âge osseux… Il arrive en milieu d’après-midi dans la salle. Son ”oncle” et lui ont un avocat qui demande le non-lieu pour le jeune et la libération de son “oncle” (il s’agit plutôt d’un cousin). En fin d’après-midi, la magistrate rend son verdict et oppose un rejet à chaque demande d’annulation d’OQTF sauf pour le jeune homme dont le résultat du test osseux a démontré qu’il était âgé de 15 ans environ. Le jeune est libéré tandis que son ”oncle” est renvoyé au CRA de Vincennes. Après que la séance soit levée, la greffière reste longtemps avec nous dans la salle : elle veut savoir ce que va devenir ce jeune homme laissé seul. Le policier questionne …

Un policier lanceur d'alerte mis au ban

Un article instructif du journal Le Monde du 8 janvier 2017 : 


Un policier lanceur d'alerte mis au ban
Le brigadier dénonce le racisme au centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot


Un policier “anti-Dieudoné” ciblé par sa hiérarchie " ; " Policier lanceur d'alerte, son quotidien est devenu un enfer ". Le 3  janvier, dans l'hebdomadaire Le Point et dans l'émission " Quotidien " sur la chaîne TMC, le sujet fait mouche. Un policier qui travaille au sein du plus grand centre de rétention administrative en France, au Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne), dénonce, sous couvert d'anonymat, le racisme au sein de son institution. Il fait notamment état d'un texte qui a circulé entre des policiers de plusieurs directions en janvier  2016, intitulé " L'islam est le cancer de l'Europe, les musulmans sont ses métastases ".