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Affichage des articles du 2014

Jeunesse en rétention

A., la trentaine, se présente avec le sourire, il remercie d’emblée pour la visite car il a déjà passé 39 jours en rétention sans aucune visite, n’ayant pas d’amis proches sur place. C’est dur ? lui demande-t-on. Oui, c’est dur : « ceux qui en ont l’expérience disent que le CRA, c’est plus dur que la prison, « il n’y a pas de respect » de la part des policiers. Dans les repas, « on ne peut pas manger le plat car la viande n’est pas hallal ». Et puis il y a la peur de l’annonce des vols pour l’expulsion… Il nous parle avec émotion d’un retenu tunisien qui après un premier vol refusé, a entamé une grève de la faim depuis 4 jours car il ne veut absolument pas retourner dans le pays qu’il a quitté. Lui-même a vu un consul qui ne l’a pas reconnu comme ressortissant de son pays.

Visite au CRA des femmes

Première visite au CRA 4, situé au Palais de justice de Paris. Par Odile et Christine.

C’est vraiment un choc ! Pour pénétrer dans le Palais, il faut passer un contrôle de sécurité effectué par la gendarmerie : sacs au laser et personnes à la poêle à frire ; après, il faut s’enquérir de l’emplacement du CRA, qui, bien évidemment n’est pas indiqué : « Au fond de la cour à droite, escalier Y », nous dit-on à l’accueil. Arrivées à l’escalier Y, nouvelle demande d’information auprès d’une charmante employée qui travaille dans un réduit sombre, en haut des marches ; comment fait-elle pour garder le sourire ? « Traverser le hall, la cour à droite et là où il y a plein d’agents de police, c’est le dépôt, c’est là ». Nous nous trouvons devant… une porte de prison, toquons à l’énorme battant et pénétrons dans un sas impressionnant : derrière nous, l’énorme porte, bardée de fer, devant nous, une grille barre l’accès à un hall XIXe siècle, imposant et spacieux. Dans un recoin sombre du sas, nous de…

2 visites : contrôle au faciès et les laissés-pour-compte de la circulaire Valls

Une jeune femme attend dans la guérite quand nous arrivons au CRA. Comme chaque jour depuis 1 semaine, elle vient visiter son mari, un jeune tunisien, en France depuis seulement 2 ans. Ils n’ont fait qu’un mariage religieux, nous explique-t-elle (mariage musulman, supposons-nous, car la jeune femme est française, et il semble difficile d’imaginer le contraire), et son mari n’a pas fait de demande carte de séjour. Sa femme a l’air assez fataliste quant à l’issue de la rétention. Arrive ensuite une femme sénégalaise avec un jeune homme. Ils viennent visiter leur jeune frère, dernier de la fratrie à rejoindre la famille presque toute en France, et dont certains sont français. Sa sœur craint un renvoi au Sénégal, « car il a un dossier là-bas… ». Nous lui expliquons le rôle du JLD devant lequel son frère va passer dans 3 jours. Nous attendons très peu de temps et montons tous pour la visite. Heureusement car il fait un froid humide et glacial. Brigitte, pour qui c’est une première visite e…

La tête du fonctionnaire

Je m’approche de la guérite, prête en tendant ma pièce d’identité, à décliner mon état-civil comme la semaine dernière, mais le policier se contente de noter nos noms sur son registre. Soit ! On nous appelle rapidement pour la visite et là, si le fonctionnaire tient bien en main sa « poêle à frire », il n’en fait pas usage et se contente de la balancer à bout de bras comme une baguette de majorette, en nous accompagnant au parloir. Re-soit ! Au parloir, je présente mon sac plastique, contenant exactement les mêmes choses que vendredi dernier, dont la fameuse boîte de chocolats, qui d’arme du crime la semaine dernière, est devenue aujourd’hui… une inoffensive boîte de chocolats ! Re-re-soit !

En sortir, puis s'en sortir - Tant d'efforts, tant de qualités déployées...

En sortir, puis s'en sortir.

Encore une fois, nous resterons devant le CRA, sans pouvoir y entrer. À nouveau, « le » consul est là (on ne sait jamais de quel consul il s’agit) et il doit voir 12 retenus. « De plus, ajoute la policière, une blonde d’une renversante beauté, nous ne sommes que deux, donc, nous ne faisons entrer qu’une seule visite à la fois ».
Découragées, nous nous rendons dans l’abri délabré qui sert de salle d’attente : il y a déjà trois personnes qui attendent : deux jeunes femmes et un jeune homme.

Djamel, Hamed, Mounirou, Omar et les autres, les visites d'octobre 2013.

Lundi Annick et Christine
Djamel, 23 ans, tunisien, CRA3, J+15 Quand Djamel entre dans l'espace visiteurs où nous l'attendons avec Christine, on pense aussitôt qu'il n'est pas du tout à sa place ici, avec son jean à la mode et son tee-shirt bariolé affichant le portrait d'un bluesman. Bien sûr, personne n'est "à sa place" ici, un centre de rétention, ce n'est pas une "place" qui devrait être. Mais face à la jeunesse de certains retenus, on se sent encore plus révolté face à l'inhumanité de la réalité, au cynisme de nos sociétés qui ce jour-là "pleurent" les centaines de naufragés au large de Lampedusa. Il est justement passé par là quelques années plus tôt. Originaire de Tunisie, il a pris un bateau en payant très cher un passeur, pour vivre ensuite 3 ans en Italie, en travaillant dur pour être payé très peu : 25 euros pour 12 heures de travail quotidien.

Septembre 2013

septembre 2013


Nous avons commencé nos visites en février 2012. Malgré le décalage entre la mise en ligne de ce blog et les premiers témoignages recueillis, nous pensons intéressant de les publier et de commencer par le début.
Ces premiers témoignages sont regroupés par mois. Nous rattraperons le temps jusqu'à faire coïncider les futures publications avec les périodes concernées et en publiant nos visites les unes après les autres.

Yveline  et Jacqueline

L’attente est courte, nous sommes seules, un seul policier nous accompagne après un contrôle sécurité rapide ; les retenus arrivent vite au parloir, nous les voyons ensemble car ils sont dans la même chambre et ont appris à bien se connaître.

Nouvelle visite d'élues !

Après celles de Laurence Cohen et Pierre Laurent, PCF, de Jean-Yves Leconte, PS, une nouvelle visite d'élues a eu lieu au CRA. En prime, des articles ont été publiés dans 94.Citoyens et le Parisien.


Suite à nos sollicitations, Mme Laurence ABEILLE (députée) et Esther BENBASSA (sénatrice) d'EELV ont effectué une visite surprise au CRA le 18 avril 2014.
Compte rendu :

Les visites de juin à août 2013

Juin 2013

Nous avons commencé nos visites en février 2012. Malgré le décalage entre la mise en ligne de ce blog et les premiers témoignages recueillis, nous pensons intéressant de les publier et de commencer par le début.
Ces premiers témoignages sont regroupés par mois. Nous rattraperons le temps jusqu'à faire coïncider les futures publications avec les périodes concernées et en publiant nos visites les unes après les autres.


Christine  et Elisabeth
Visite pas très rentable aujourd’hui. 2h30 de présence pour une visite d’une ½ heure.

Séjour au CRA, tout confort garanti : le ministère de l'Intérieur y veille.

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En juillet 2013, le sénateur Jean-Yves Leconte s’est rendu au CRA de Vincennes, où il a passé un après-midi entier. A l’issue de sa visite, il a demandé des précisions statistiques au Préfet de police et a posé un certain nombre de questions à Monsieur le Ministre de l’Intérieur. Vous trouverez ci-dessous ces éléments de réponse que le sénateur Leconte nous a autorisés à reproduire sur notre blog.
La réponse du Ministre de l’Intérieur nous ayant parue en total décalage avec la réalité quotidienne de la vie au centre de rétention, nous publions ci-dessous nos remarques… 
Il va de soi que ces remarques n’engagent que leur auteur.